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La technique « si-alors » — une méthode scientifique pour gérer les envies de porno

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La plupart des personnes qui essaient d'arrêter le porno savent déjà, en théorie, ce qu'elles sont censées faire quand une envie survient : aller marcher, appeler quelqu'un, quitter la pièce. Le problème n'est pas le savoir, c'est que sur le moment, sous le coup d'une envie réelle, ce savoir général est difficile à mobiliser. Un plan « si-alors » comble précisément ce vide en décidant la réponse à l'avance, en détail, avant que le moment n'arrive.

Ce qu'est réellement un plan « si-alors »

Aussi appelé intention de mise en œuvre dans la recherche comportementale, un plan « si-alors » prend la forme « si [situation précise], alors je [action précise] » — pas une intention vague comme « je vais essayer de résister », mais quelque chose de concret comme « si je suis au lit et que j'attrape mon téléphone après 23h, alors je le mets à charger de l'autre côté de la pièce et je prends mon livre à la place ». C'est cette précision qui fait toute la différence.

Pourquoi les intentions vagues échouent souvent

Un objectif général comme « je veux arrêter » entre en compétition avec l'envie en utilisant le même processus de décision lent et coûteux en effort que les envies sont justement douées pour court-circuiter. Un plan « si-alors » déplace la décision plus tôt, à un moment calme, pour que lors de l'envie réelle, vous ne décidiez rien — vous exécutez simplement un plan déjà préparé.

Construire le déclencheur et la réponse ensemble

Un plan « si-alors » utile nomme la situation exacte, pas une catégorie générale — « si je fais défiler les réseaux sociaux tard le soir et que je sens l'attirance monter » est plus utilisable que « si je me sens déclenché », parce que c'est quelque chose que vous pouvez réellement reconnaître sur le moment. La réponse doit être tout aussi précise : une action nommée, pas un vague « faire autre chose ».

La garder assez petite pour être réellement faisable

La partie « réponse » du plan doit être quelque chose que vous pouvez faire immédiatement, sans préparation — quitter la pièce, se lever, envoyer un texto précis, ouvrir une application précise. Si la réponse demande elle-même une organisation ou une motivation particulière, tout l'édifice retombe dans le problème qu'il était censé résoudre.

L'écrire et la revoir régulièrement

Un plan « si-alors » qui reste seulement dans votre tête a tendance à s'estomper sous la pression ; écrit — une note sur le téléphone, une carte dans le portefeuille — il reste exact au moment où il compte le plus. Le revoir et l'ajuster toutes les une ou deux semaines, en fonction de ce qui s'est réellement passé, le garde réaliste plutôt que d'en faire une règle de plus qu'on cesse discrètement d'appliquer.

Si les envies sont assez intenses ou fréquentes pour qu'un plan écrit ne semble pas suffisant à lui seul, un thérapeute habitué aux comportements sexuels compulsifs peut aider à construire avec vous une approche plus complète.

Sources : American Psychological Association, recherches sur les intentions de mise en œuvre et l'autorégulation ; Organisation mondiale de la santé, conseils sur le changement de comportement ; National Health Service (NHS UK), ressources d'auto-assistance sur les envies et les habitudes.

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