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La masturbation en elle-même est-elle nocive ? La distinguer du débat sur le porno

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Dans les espaces NoFap et anti-porno, masturbation et consommation de porno sont souvent traitées comme un seul comportement, porteur d'un seul ensemble de risques. Ce n'est pas le cas — beaucoup de gens se masturbent sans porno, et séparer les deux questions clarifie en réalité les deux. Mettons donc le porno de côté un instant : que dit la recherche sur la masturbation en elle-même ?

D'où viennent les anciens mythes sur la masturbation

Les mises en garde historiques affirmant que la masturbation causerait cécité, faiblesse, folie ou épuisement remontent à des théories médicales des XVIIIe et XIXe siècles, sans aucun fondement physiologique — des théories depuis totalement discréditées, même si des échos de cette angoisse subsistent dans certains coins d'internet, sous des justifications nouvelles et à consonance plus moderne. Il vaut la peine de le dire clairement : les préjudices physiques précis autrefois avancés n'ont jamais été réels, et aucun organisme de santé moderne crédible ne classe la masturbation elle-même comme un risque physique.

Ce que disent vraiment les sources de santé de référence

Les grandes institutions de santé et de psychologie décrivent en général la masturbation comme un comportement courant et normal, tous âges et genres confondus, qui n'a pas besoin d'être justifié ni défendu sur le plan de la santé. Elle n'est associée à aucune des maladies autrefois redoutées, et une masturbation modérée, non compulsive, n'est pas signalée comme une préoccupation de santé dans les recommandations cliniques sérieuses.

Où se situe une vraie question, plus restreinte

La version fondée sur des preuves de cette préoccupation ne porte pas sur la masturbation en elle-même, mais sur la compulsivité et le contexte — le même schéma qui compte pour le porno, le jeu vidéo ou tout autre comportement répétable. Se masturber d'une manière qui semble échapper à son contrôle, l'utiliser pour engourdir des émotions difficiles plutôt que pour le plaisir, ou en faire quelque chose qui empiète nettement sur le sommeil, le travail ou les relations, mérite qu'on y prête attention. Mais c'est une question de schéma, pas une preuve que l'acte lui-même serait intrinsèquement nocif — la même fréquence de masturbation peut être totalement anodine pour une personne et le signe de quelque chose à examiner pour une autre.

Pourquoi séparer les deux questions aide

Regrouper masturbation et porno peut rendre plus difficile de comprendre ce qui alimente réellement l'inconfort ressenti par quelqu'un. Réduire le porno tout en gardant la masturbation, ou l'inverse, est un choix parfaitement légitime, et déterminer laquelle des deux (le cas échéant) est réellement le sujet pour vous est plus utile que de les traiter comme un tout indissociable. Si une gêne liée à la masturbation elle-même persiste et ne semble liée à aucun schéma concret, il peut valoir la peine d'explorer la question avec un thérapeute, car elle s'enracine parfois dans une culpabilité héritée de l'éducation ou de croyances, plutôt que dans la fréquence elle-même.

Sources : American Psychological Association, ressources sur la santé sexuelle et le comportement sexuel normal ; National Health Service (Royaume-Uni), informations en santé sexuelle ; Organisation mondiale de la santé, recommandations sur la santé sexuelle et reproductive.

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