Existe-t-il un « trop » scientifique ? Ce que dit la recherche sur la fréquence
C'est l'une des questions les plus recherchées sur ce sujet, et elle n'a pas la réponse chiffrée nette qu'on espère souvent : il n'existe pas de fréquence scientifiquement établie — pas de « X fois par semaine » — qui marque la limite entre un usage normal et un usage problématique du porno. Ce n'est pas de l'esquive ; cela reflète simplement ce que la recherche mesure réellement.
Pourquoi les chercheurs ont abandonné le comptage de fréquence
Les premières tentatives de recherche utilisaient parfois la fréquence ou le nombre d'heures par semaine comme indicateur d'un problème, mais cette approche est tombée en désuétude parce qu'elle ne correspond pas bien à la détresse ou à l'altération réelles. Certaines personnes utilisent le porno fréquemment sans aucune détresse ni interférence dans leur vie ; d'autres ressentent leur usage comme un problème à une fréquence qui, numériquement, paraît modeste. La fréquence seule s'est révélée un faible prédicteur de préjudice.
Ce sur quoi la recherche se concentre à la place
Les cadres contemporains, y compris les critères de l'OMS pour le trouble du comportement sexuel compulsif, se concentrent sur l'impact plutôt que sur la quantité : si l'usage semble échapper au contrôle de la personne, s'il se poursuit malgré un désir clair d'arrêter ou des conséquences négatives réelles, et s'il cause une détresse importante ou interfère avec les responsabilités, les relations ou d'autres domaines importants de la vie. Deux personnes ayant une fréquence identique peuvent répondre très différemment à ces questions.
Pourquoi ce cadrage est plus utile, pas moins
Un cadre centré sur la détresse et l'impact, plutôt que sur un seuil de fréquence, correspond mieux à la façon dont fonctionne déjà la recherche sur les comportements compulsifs dans d'autres domaines, comme le jeu d'argent, le jeu vidéo et l'alimentation, et évite de pathologiser une variation ordinaire du comportement sexuel, qui diffère énormément d'une personne à l'autre pour des raisons n'ayant rien à voir avec l'addiction.
Une question plus utile à se poser
Plutôt que de chercher un chiffre, il est souvent plus productif de se demander si votre schéma actuel correspond à ce que vous voulez vraiment pour votre temps, votre attention, votre énergie et vos relations — et si vous vous sentez en contrôle de cet usage ou contrôlé par lui. Suivre honnêtement son propre schéma, sans seuil chiffré emprunté, tend à faire émerger une réponse plus claire que de se comparer à une moyenne qui, en réalité, n'existe pas.
Là où les comparaisons aux moyennes posent problème
Des enquêtes sur l'usage autodéclaré du porno existent et sont citées pour construire une idée d'une fourchette « normale », mais ces chiffres varient énormément selon les études, les pays, les tranches d'âge et les méthodes d'enquête, et aucun d'eux ne fait office de référence clinique. Comparer son propre usage à une statistique tirée d'une seule enquête revient un peu à comparer sa facture de courses à une moyenne nationale — techniquement un chiffre, mais pas un diagnostic, et pas particulièrement utile pour décider de ce qu'on veut vraiment changer.
Sources : Organisation mondiale de la santé, entrée CIM-11 sur le trouble du comportement sexuel compulsif ; revues à comité de lecture sur les approches de mesure dans la recherche sur le comportement sexuel compulsif ; documentation de l'Association Américaine de Psychiatrie sur les critères d'addiction comportementale.
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