Soutenir un conjoint joueur — sans devenir complice
Aimer quelqu'un qui a un problème de jeu, c'est souvent vivre dans une contradiction : on veut aider, et presque chaque geste instinctif pour aider rend le problème plus facile à poursuivre. Payer une facture pour que les relances cessent, prêter « juste une fois », se taire pour préserver la paix — chaque geste vient de l'affection, et chacun peut supprimer une conséquence qui aurait pu, sinon, provoquer un changement.
Soutien et complicité se ressemblent, vus de l'intérieur
La différence entre soutien et complicité n'est pas l'émotion derrière le geste — les deux viennent généralement de l'amour — c'est l'effet produit. Le soutien aide votre conjoint à affronter le problème et ses conséquences. La complicité l'aide à les éviter. Payer discrètement une dette de jeu, par exemple, semble aidant sur le moment, mais cela supprime aussi la conséquence naturelle qui aurait pu rendre le problème indéniable. C'est inconfortable à admettre, car cela signifie que les bonnes intentions ne suffisent pas à elles seules.
À quoi ressemble un vrai soutien
Le soutien concret se concentre sur le processus de rétablissement plutôt que sur l'absorption des conséquences du jeu lui-même : accompagner son conjoint à un premier rendez-vous avec un service d'aide, aider à chercher des options, être présent pour les conversations difficiles sur l'argent, et reconnaître les vrais progrès quand ils arrivent. Cela inclut aussi de nommer ses limites honnêtement — dire directement ce que l'on fera ou ne fera pas, plutôt que de rester silencieux avec une rancune sur une limite jamais réellement posée.
Se protéger, ce n'est pas abandonner son conjoint
Beaucoup de conjoints se sentent coupables de poser des limites, comme si refuser de payer une dette ou de prêter de nouveau de l'argent était une trahison. Ce n'est pas le cas. Protéger ses propres finances, son nom sur les comptes communs et son propre bien-être n'équivaut pas à renoncer à la relation — c'est souvent ce qui la rend tenable dans la durée. Un conjoint qui n'a plus rien à perdre du fait que vous vous protégiez a une raison de moins de changer ; un conjoint qui vous voit tenir une limite calmement et durablement reçoit une information plus claire sur ce que la relation attend réellement de lui.
Surveiller son propre bien-être
Vivre aux côtés d'un problème de jeu actif est stressant de façon discrète mais cumulative : hypervigilance sur l'argent, sommeil perturbé, anxiété diffuse en permanence. Il est facile de consacrer toute son attention à gérer le problème de son conjoint et aucune à gérer son propre état. Des groupes de soutien spécifiquement dédiés aux conjoints et proches de joueurs existent pour cette raison, et y avoir recours n'est pas déloyal — c'est ce qui permet de continuer à soutenir son conjoint sans s'épuiser.
Quand le soutien ne suffit pas
Si votre conjoint n'est pas prêt à reconnaître le problème, aucun soutien de votre part ne pourra remplacer cette prise de conscience. Vous pouvez offrir des informations, de la patience et des limites claires, mais vous ne pouvez pas décider du changement à sa place. Si la situation affecte votre sécurité, vos finances au-delà de ce que vous pouvez absorber, ou votre santé mentale, il est raisonnable — et souvent nécessaire — de consulter un thérapeute, un conseiller financier ou un service d'aide au jeu pour vous-même, indépendamment du choix de votre conjoint.
Sources : GambleAware, soutien aux conjoints et proches ; National Council on Problem Gambling, conseils pour les proches ; NHS (Royaume-Uni), aide à l'addiction au jeu.
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