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Remplacer le rituel, pas seulement le verre — pourquoi le geste, le service et la pause comptent aussi

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Il est tentant de croire que l'envie porte sur l'alcool lui-même — le goût, l'effet. Souvent, elle porte tout autant sur ce qui l'entoure : le verre précis, le bruit du liquide qu'on sert, la petite pause qui signale que la journée de travail est officiellement terminée. Retirer le verre en laissant intact tout ce rituel, et le vide laissé derrière peut finir par sembler plus fort que l'envie elle-même ne l'a jamais été.

Pourquoi le rituel peut compter plus que la substance

Les habitudes ne sont pas des gestes isolés, ce sont des séquences — signal, rituel, récompense — et c'est souvent dans la partie rituel que réside l'essentiel de la satisfaction ressentie. Le tintement des glaçons, le fauteuil précis, les quinze minutes exactes de calme : tout cela fait partie de ce qui est convoité, parfois plus que l'alcool lui-même. C'est une vraie bonne nouvelle, car cela veut dire qu'une grande partie de ce qui semble manquer quand on réduit sa consommation peut être reconstruite sans qu'aucun verre n'y figure.

Identifier son rituel réel

Avant de remplacer quoi que ce soit, il est utile de préciser en quoi consiste réellement le rituel existant : à quelle heure a-t-il généralement lieu ? Dans quelle pièce, quel fauteuil, qu'est-ce qu'on tient dans la main, que se passe-t-il autour — musique, télé, silence ? S'agit-il d'un rituel solitaire ou implique-t-il d'autres personnes ? Plus cette cartographie est précise, plus il devient facile de voir quelles parties concernent l'alcool et lesquelles concernent la cérémonie qui l'entoure — et c'est presque toujours la cérémonie qui pèse le plus lourd.

Reconstruire la cérémonie, sans alcool

Un remplacement convaincant doit généralement correspondre au rituel sur plus d'un axe : quelque chose versé dans un vrai verre plutôt que bu à la bouteille ou à la canette, quelque chose qui demande sa propre étape de préparation plutôt que de l'instantané, et idéalement quelque chose réservé à ce moment précis et à lui seul, pour qu'il garde son caractère particulier. Un thé précis, un vrai mocktail, même une eau pétillante avec des bitters dans le « bon » verre peuvent avoir un effet bien plus fort qu'on ne l'imaginerait, précisément parce qu'ils préservent la forme du rituel au lieu de simplement lui retirer un ingrédient.

Laisser au nouveau rituel le temps de devenir réel

Un rituel de remplacement paraît rarement équivalent dès le premier essai, et c'est normal, ce n'est pas un signe que ça ne fonctionnera pas. Les rituels gagnent leur poids émotionnel par la répétition, pas instantanément — l'ancien a mis des mois, voire des années, à devenir automatique, et le nouveau a besoin d'un vrai temps d'essai, pas d'une seule soirée, avant de pouvoir être jugé équitablement.

Quand le rituel est mêlé à quelque chose de plus profond

Si le rituel que vous remplacez concerne en réalité la solitude, le deuil, ou le fait d'utiliser l'alcool pour marquer la fin de chaque journée difficile, un simple substitut de boisson pourrait ne pas suffire — et cela vaut la peine d'être exploré avec un professionnel ou un médecin plutôt que résolu par la seule cérémonie.

Sources : Organisation mondiale de la santé, informations sur les troubles liés à l'usage d'alcool ; National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAAA, États-Unis), synthèses de recherche sur l'habitude et le changement de comportement ; National Health Service (NHS, Royaume-Uni), conseils de soutien sur l'alcool.

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