\"Bière avant le vin, rien ne craint ; vin avant la bière, c'est l'enfer\" — le mythe de l'ordre des boissons
"Bière avant le vin, rien ne craint. Vin avant la bière, c'est l'enfer." Presque tout le monde connaît une version de ce dicton, récitée avec une confiance totale, comme si l'ordre des boissons était une loi scientifique de la gueule de bois. Ce n'est pas le cas — mais la raison pour laquelle ce mythe survit en dit long sur la façon dont on vit vraiment une mauvaise soirée.
D'où vient ce dicton
Ces dictons de soirée sont d'anciennes croyances populaires, transmises socialement plutôt que fondées sur la recherche. Ils persistent parce qu'ils sont accrocheurs et donnent l'impression de contrôler quelque chose qui, sinon, semble aléatoire — si une mauvaise gueule de bois obéit à une "règle" qu'on a enfreinte, il suffit de la respecter la prochaine fois pour l'éviter. C'est une histoire rassurante. Ce n'est simplement pas ainsi que fonctionne une gueule de bois.
Ce qui cause vraiment une gueule de bois
La sévérité d'une gueule de bois est surtout liée à la quantité totale d'alcool consommée, à la vitesse à laquelle elle l'a été, au niveau d'hydratation, au sommeil, et à des facteurs individuels comme le poids ou la génétique. Les congénères — des composés produits pendant la fermentation et le vieillissement, plus concentrés dans les alcools foncés comme le whisky ou le vin rouge que dans les alcools blancs comme la vodka — peuvent aussi aggraver la gueule de bois. Rien de tout cela ne dépend de la boisson bue en premier dans la soirée.
Pourquoi l'ordre semble compter
Le dicton survit parce que l'ordre des boissons est discrètement corrélé aux facteurs qui comptent vraiment. On passe souvent de la bière aux spiritueux plus tard dans la soirée précisément parce qu'on est déjà détendu et qu'on boit plus vite, ou on commande une bière après des spiritueux à une fête, une fois qu'on a déjà beaucoup bu, pour "ralentir". Dans les deux cas, l'ordre est le symptôme de la quantité et de la vitesse de consommation, pas la cause des dégâts du lendemain. Il est facile de confondre corrélation et mécanisme réel.
Les vrais facteurs prédictifs d'un mauvais réveil
Pour prédire comment vous vous sentirez demain, les vraies questions sont : combien de verres au total, sur combien d'heures, combien d'eau entre les deux, combien de nourriture avant, et combien de sommeil après. Mélanger les types de boissons peut parfois faire perdre le fil du volume total — une grande bière ne se ressent pas comme un spiritueux avec tonic, donc changer de format peut discrètement augmenter la quantité bue sans que ça se remarque comme "plus". C'est utile à noter, mais il s'agit de suivre la quantité, pas d'obéir à une règle d'ordre.
Ce qui aide vraiment
Espacer les verres, alterner avec de l'eau, manger avant, et tout simplement boire moins au total feront bien plus pour demain que n'importe quel ordre soigneusement choisi entre bière et spiritueux. Si les gueules de bois deviennent une habitude régulière plutôt qu'une conséquence occasionnelle d'une grande soirée, ce schéma mérite d'être regardé pour lui-même — une bonne "règle" ne peut rien contre une consommation qui en est la véritable cause.
Sources : Institut national américain sur l'abus d'alcool et l'alcoolisme (NIAAA) ; Service national de santé britannique (NHS) ; revues de la littérature scientifique sur la gueule de bois.
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