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Mois sans alcool : ce que dit vraiment la science

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Chaque janvier, des millions de personnes posent la bouteille pendant 31 jours, à moitié convaincues que c'est un gadget marketing. Ce que la recherche montre sur ce qui se passe pendant — et après — un mois sans alcool est plus convaincant que le hashtag ne le laisse penser.

Ce qui change pendant le mois lui-même

Les chercheurs qui suivent les participants d'un mois sans alcool (notamment via les études de suivi britanniques d'Alcohol Change) rapportent systématiquement le même ensemble de changements : meilleur sommeil, plus d'énergie, peau plus nette, perte de poids et tension artérielle plus basse chez les personnes qui buvaient régulièrement auparavant. Rien de mystérieux là-dedans : l'alcool perturbe l'architecture du sommeil, ajoute des calories et sollicite le foie, donc le retirer pendant plusieurs semaines laisse ces systèmes récupérer. Le volet financier se voit vite aussi : un mois sans additions au bar, sans cocktails livrés à domicile, sans la tournée en plus que personne ne se rappelle avoir commandée, ça pèse vite dans le budget.

Les participants rapportent aussi quelque chose de moins physique mais tout aussi utile : un sentiment de contrôle retrouvé. Beaucoup disent que c'est la première fois depuis des années qu'ils passent un mois entier sans se demander s'ils "devraient" lever le pied.

L'effet dure-t-il après janvier ?

C'est le résultat le plus intéressant. Les études qui suivent les participants plusieurs mois après montrent qu'une large part d'entre eux continue de boire moins qu'avant le défi — pas forcément de manière abstinente, mais de façon nettement plus modérée. Le mécanisme semble tenir moins à la volonté qu'à la preuve par l'expérience : une fois qu'on s'est prouvé qu'un mois sans alcool est vivable, voire agréable, l'idée automatique qu'on "a besoin" d'un verre pour décompresser ou socialiser perd de son emprise. L'habitude est interrompue assez longtemps pour qu'un nouveau point de référence se forme.

Pourquoi un cadre défini bat les bonnes intentions vagues

"Je vais boire moins cette année" fonctionne rarement aussi bien que "je ne bois pas pendant 31 jours". Une date de début fixe, une date de fin fixe, et un engagement public ou semi-public changent complètement la psychologie de la chose — il n'y a plus de négociation quotidienne avec soi-même sur le fait que ce soir serait une exception. Les outils de suivi aident aussi ici : noter chaque jour sans alcool transforme un objectif abstrait en série visible, un moteur bien plus puissant qu'une simple intention.

Réussir son propre mois sans alcool, à n'importe quel moment

La plus grande limite du "Dry January", c'est son nom — il n'y a rien de spécial sur la page du calendrier de janvier. Si janvier n'est pas réaliste pour vous (fêtes, mariage, période chargée au travail), n'importe quel mois fonctionne aussi bien :

Une précaution qui mérite d'être répétée

Si votre consommation habituelle est lourde — quotidienne, ou en grande quantité — arrêter brutalement peut déclencher un sevrage allant de l'inconfort à un danger réel pour la santé. Un mois sans alcool est un excellent outil pour les personnes qui boivent modérément et sans dépendance et souhaitent se réinitialiser. En cas de doute sur votre situation, ce doute même est une bonne raison d'en parler à un médecin avant de tout arrêter d'un coup.

Sources : recherche Alcohol Change UK sur le Dry January ; recommandations NHS sur l'alcool ; NIAAA Rethinking Drinking.

Prêt à arrêter ?

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