L'ennui, déclencheur d'alcool — pourquoi une soirée vide peut être aussi risquée qu'une mauvaise journée
Le stress capte la majeure partie de l'attention comme déclencheur de la consommation, mais l'ennui est tout aussi fiable et bien plus sournois. Une journée difficile s'annonce au moins d'elle-même. Un mardi soir vide, sans rien de prévu, ne ressemble en rien à un déclencheur — jusqu'à la troisième fois de la semaine où l'on se surprend à tendre la main vers un verre simplement parce qu'il n'y avait rien d'autre à faire de ce temps.
Pourquoi le rien peut sembler avoir besoin d'être rempli
L'alcool ne fait pas que détendre : il structure aussi le temps et donne une forme à une soirée inoccupée — un début (se servir le verre), un milieu (le boire), une fin (se sentir différent). L'ennui, à l'inverse, est une agitation sourde et inconfortable, sans forme évidente, et le cerveau a tendance à saisir ce qui résout le plus vite et le plus fiablement cet inconfort. Si un verre a déjà rempli ce rôle par le passé, l'ennui devient à son tour un déclencheur discret, souvent sans jamais être consciemment identifié comme tel.
Pourquoi l'ennui passe facilement inaperçu comme déclencheur
Boire par stress a une histoire toute prête qui l'accompagne — « la journée a été dure ». Boire par ennui n'en a généralement pas, ce qui rend facile de le justifier comme une simple occupation plutôt que de le remarquer comme un schéma. Il vaut la peine de se demander franchement : combien de verres, dans une semaine type, arrivent non pas à cause d'une envie ou d'un événement, mais simplement parce que la soirée était vide et qu'un verre était la façon la plus simple de la remplir ?
Donner une forme à la soirée sans alcool
La solution n'est pas de résister par volonté à l'ennui — c'est de remplacer la structure que l'alcool fournissait. Un plan précis pour la soirée, même modeste (une série qu'on a vraiment envie de regarder, un appel à un ami, une marche, un loisir avec une dimension physique comme cuisiner ou bricoler) donne au temps sa propre forme, si bien qu'il ne reste aucun vide qu'un verre pourrait combler par défaut. Des plans vagues du type « je vais juste me détendre » fonctionnent généralement moins bien que quelque chose de concret, avec un début et une fin clairs.
Repérer le schéma sans en faire trop
Toutes les soirées calmes n'ont pas besoin d'être planifiées au cordeau, et transformer l'évitement de l'ennui en une nouvelle source de pression peut se retourner contre soi. L'objectif est simplement de remarquer quand le temps sans structure agit discrètement comme déclencheur, et d'avoir une ou deux activités de repli prêtes plutôt que de se rabattre sur ce qui est le plus facile à saisir — ce qui, un soir d'ennui, est souvent l'alcool.
Quand l'ennui pointe vers quelque chose de plus large
Si les soirées semblent vides souvent, ou si l'alcool est devenu la principale source de plaisir ou de détente au quotidien, cela peut valoir la peine d'en parler à un médecin ou un professionnel — l'ennui persistant et l'humeur basse peuvent se recouper, et un soutien existe au-delà de la simple recherche de nouveaux loisirs.
Sources : Organisation mondiale de la santé, informations sur les troubles liés à l'usage d'alcool ; National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAAA, États-Unis), synthèses de recherche sur les déclencheurs de consommation et le comportement ; National Health Service (NHS, Royaume-Uni), conseils de soutien sur l'alcool.
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