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Devenir quelqu'un qui ne joue plus : pourquoi ce basculement compte plus que la série

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Il y a une différence significative entre quelqu'un qui dit « j'essaie d'arrêter de jouer » et quelqu'un qui dit « je ne joue pas ». Les deux peuvent avoir passé exactement le même nombre de jours sans parier. Mais la recherche sur le changement d'habitudes pointe vers quelque chose à prendre au sérieux : l'identité prédit généralement mieux le comportement à long terme que la volonté ou un compteur de série, et le rétablissement après le jeu ne fait pas exception.

Deux phrases différentes, deux pressions différentes

« J'essaie d'arrêter » transforme chaque décision en une négociation nouvelle — la volonté du jour contre l'envie du jour, tranchée à nouveau depuis le début chaque fois qu'une tentation apparaît. « Je ne joue pas » supprime entièrement la négociation ; c'est une constatation sur qui l'on est, pas une règle imposée en temps réel contre ses propres pulsions. La seconde version n'a tout simplement plus grand-chose à débattre, car il ne reste aucune question ouverte qu'une envie puisse exploiter.

Pourquoi ce basculement ne se produit pas automatiquement

Le temps seul ne suffit pas à provoquer ce basculement — beaucoup de gens passent des mois sans jouer tout en continuant, en privé, à se percevoir comme un joueur qui résiste actuellement, plutôt que comme quelqu'un qui ne joue pas. Ce basculement demande généralement de mettre activement à jour la façon dont on se décrit, pas seulement d'accumuler des jours : remarquer le langage utilisé pour en parler, et corriger si possible « je ne joue pas en ce moment » en « je ne joue pas », même si cela semble légèrement prématuré à dire.

Ce qui construit la nouvelle identité, ce sont de petites preuves répétées

L'identité ne change pas par une seule décision — elle change par de petites preuves répétées qui s'accumulent jusqu'à devenir une croyance. Refuser une invitation à un événement centré sur les paris, supprimer une application plutôt que simplement éviter de l'ouvrir, corriger un ami qui évoque en plaisantant une ancienne habitude de pari comme si elle était toujours d'actualité — chacune de ces actions est une petite preuve, et leur accumulation est ce qui finit par rendre « je ne joue pas » vrai plutôt qu'aspirationnel.

Ce que ce basculement change concrètement

Une fois que le jeu cesse vraiment de faire partie de la façon dont quelqu'un se conçoit, un grand nombre de décisions qui demandaient autrefois de la volonté deviennent presque automatiques — non pas parce que la biologie de l'envie sous-jacente a disparu, mais parce qu'il n'y a plus de débat interne sur la question de savoir si le jeu est même envisageable. C'est en grande partie pour cela que le rétablissement à long terme semble souvent plus facile, pas plus difficile, que les premiers mois : non pas parce que les envies disparaissent, mais parce qu'elles ne sont plus mises en balance contre une version de soi-même qui pourrait encore dire oui.

Le compteur de série mesure le temps. Le basculement identitaire mesure quelque chose de plus durable — et c'est celui qui mérite vraiment un travail délibéré, car c'est celui qui tient quand la série, inévitablement, cesse d'être la seule chose qu'on compte.

Sources : GambleAware, identité et changement de comportement dans le rétablissement ; National Council on Problem Gambling (NCPG), image de soi dans le rétablissement à long terme ; American Psychological Association, recherche sur le changement d'habitudes fondé sur l'identité.

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