Construire sa boîte à outils personnelle contre les envies de porno
Essayer de résister à une envie avec pour seul plan « je vais être fort » tient rarement, parce que cela repose sur une volonté censée être au maximum précisément au moment où elle est naturellement au plus bas — en plein cœur d'une envie. Une boîte à outils contre les envies fonctionne différemment : c'est un petit ensemble d'outils décidés à l'avance, que l'on va chercher automatiquement, pour ne pas avoir à inventer un plan alors qu'on est déjà sous pression.
Pourquoi une boîte à outils vaut mieux que la seule volonté
Les décisions prises à l'avance, à tête reposée, sont nettement plus fiables que les décisions prises sur le moment, quand une envie a déjà focalisé l'attention sur un seul résultat possible. Une boîte à outils déplace la réflexion difficile vers un moment où il est facile de penser clairement, si bien qu'il ne reste plus, pendant l'envie elle-même, qu'à exécuter une étape déjà choisie, plutôt que de se débattre avec soi-même.
Ce qui va dans une boîte à outils physique
Quelques éléments concrets aident : quelque chose pour occuper physiquement les mains (une balle anti-stress, un carnet, un téléphone déjà équipé de bloqueurs d'applications), une liste écrite de deux ou trois « premiers gestes » (quitter la pièce, s'asperger le visage d'eau, faire dix pompes), et une courte liste de personnes ou d'activités vers qui se tourner — un ami à qui écrire, un parcours de marche, une tâche remise à plus tard qui demande dix minutes de concentration. Rien de tout cela n'a besoin d'être élaboré ; l'essentiel est que ce soit déjà défini, pour ne pas avoir à l'inventer en plein milieu d'une envie.
Ce qui va dans une boîte à outils mentale
En plus des outils physiques, quelques phrases ou rappels courts aident : nommer l'envie comme temporaire (« elle va atteindre son pic puis retomber »), une raison personnelle qui compte vraiment dans cette démarche, et le droit de ne pas être parfait — céder une fois n'efface pas les progrès déjà faits, et traiter un écart comme une catastrophe rend souvent l'envie suivante plus difficile, pas plus facile.
Garder une boîte à outils réaliste et précise
Une boîte à outils trop vague (« se distraire, tout simplement ») ne tient pas sous la pression. La précision compte : pas « aller marcher », mais « mettre ses chaussures, marcher jusqu'au coin de la rue et revenir » ; pas « appeler quelqu'un », mais nommer la personne précise. Plus une étape est concrète et répétée à l'avance, moins il faut de volonté pour la démarrer, ce qui compte le plus dans les toutes premières secondes d'une envie.
Faire évoluer la boîte à outils dans le temps
Une boîte à outils n'est pas figée pour toujours — certains outils fonctionneront bien un temps puis cesseront d'aider, notamment quand les déclencheurs et les routines changent. Il vaut la peine de la revoir de temps en temps et de remplacer ce qui n'aide plus. Si les envies débordent systématiquement même une boîte à outils bien construite, il vaut mieux en parler à un médecin ou un thérapeute plutôt que de supposer que la boîte à outils elle-même a échoué.
Sources : Organisation mondiale de la santé, documentation de la CIM-11 sur le trouble du comportement sexuel compulsif ; Institut national américain sur l'abus de drogues (NIDA), recherches sur les stratégies d'adaptation planifiées face aux envies ; Service national de santé britannique (NHS), ressources d'auto-assistance pour gérer les envies.
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